lundi 28 juillet 2008

"Live Together" summer camp

Welcome! You will enter the daily life of children of Nablus. clown

link in english

You can follow day after day life of leisure centre: share their joy, their activities but also difficult moments related to the occupation.

The association HUMAN SUPPORTERS is behind this ambitious and innovative project to provide young people of Nablus: Msulims, Christians, Samaritans able to live their lives of kids without worrying about the war, occupation and violence.

The project focuses on the child's needs and responds through the socio-cultural animation.
This year the leisure centre's theme THE CLOWN.

mercredi 16 juillet 2008

Camp d'été "live together"


lien vers le blog

Bienvenue !! Vous allez entrer dans le quotidien des enfants de Naplouse. Vous pourrez suivre jours après jours la vie du centre des loisirs : partagez leur joie, leurs activités mais aussi les moments difficiles liés à l’occupation.

L’association HUMAN SUPPORTERS est à l’origine de ce projet novateur et ambitieux consistant à offrir aux jeunes de la ville de Naplouse la possibilité de vivre leur vie d’enfant sans se préoccuper de la guerre, de l’occupation et de la violence. Le projet met en avant les besoins de l’enfant et y répond à travers l’animation socioculturelle.

Ainsi cette année le centre de loisir a pour thème LE CLOWN et a réuni des enfants et animateurs MUSULMANS, CHRÉTIENS, et SAMARITAINS. Un tel projet n'a jamais été réalisé, nous en sommes très fier !

mercredi 16 avril 2008

Zorro

Il est au coin de la rue, il regarde les passants vacants paisiblement à leurs occupations, s'affairant aux négoces de la ville. Peut-être rêve t'il d'une autre vie. Peut-être pense t-il à sa femme avec laquelle il n'a pu passer une seule nuit depuis son mariage, pas même celle de leurs noces.

Des policiers l'aperçoivent, ils ouvrent le feu.

Il sort son arme et se précipite dans son domaine, la vieille ville. La course poursuite commence. Il est l'enfant de ces ruelles, le labyrinthe est la meilleure de ses protections. Les policiers sont des dizaines maintenant à ses trousses, ils virent les étals, mitraillent aveuglément, dégagent sans retenue les passants. Ils sont au cœur de la vieille ville, ils se regardent hébétés, le cavalier de la nuit s'est envolé. Ils sont furieux, ils crient, insultent les marchands, leurs ordonnent de fermer leurs commerces et tabassent les récalcitrants. Un passant prend peur, il court. Des policiers le rattrapent, le jettent au sol et lui tirent dessus. Peut-être plus tard lui demanderont-ils pourquoi il courrait.

Cette fois c'en est trop. La population est excédée, elle se regroupe et fait face à la police. Non. Non, vous ne continuerez pas à nous humilier de la sorte. L'oppression du peuple doit cesser. Maintenant. "Brigades ! Brigades ! Brigades !" Les coups partent, il y a des blessés. Encore.

Je comprends qu'il n'y ait pas de cinéma à Naplouse, quelle utilité puisqu'il suffit de vivre ici pour être dans un film américain. Le cavalier de la nuit ce n'est pas Zorro, désolée. Celui-ci est le chef de la brigade des cavaliers de la nuit, subtile nuance. Ce récit n’est pas un mauvais synopsis, c’est une après-midi à Naplouse.

10ème jour de l'escalade, à toute heure du jour ou de la nuit les affrontements éclatent. Hier à Balata, aujourd'hui dans le centre ville, tantôt les invasions sont palestiniennes, tant tard elles sont israéliennes, elles sont contre les résistants ou contre les manifestants et de façon générale les coups partent sur ceux qui se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment.

L'information circule à peine car la censure est absolue. Personne ne connait exactement le nombre de blessés d'un camp ou de l'autre, ni le nombre de personnes arrêtées par l'une ou l'autre des armées. Les plus opprimés s’insurgent et les rangs de la révolte gonflent de jour en jour. Hier le gouverneur de Naplouse à été attaqué, ses gardes du corps ont été blessés et sa voiture à été réduite en cendres. Les manifestations sont réprimées mais cette oppression ne fait qu’accroitre la fureur.

Un cercle de fumée entoure la lune ce soir, elle seule reste claire. Le phénomène est vraiment étrange, elle semble se détacher de notre monde. Si même la lune sombre dans le mélodramatique, alors…

mardi 8 avril 2008

le sens de l'humour palestinien

Il est 18 h 45, je sors de mon dernier rdv de la journée : organisation du camp d'été. Je n'arrive pas à attraper un taxi et comme je me dis que finalement un peu d'exercice me fera du bien, je décide de rentrer à pieds. Je m'engouffre donc dans les ruelles de la vieille ville.

J'entends un coup de feu, un deuxième, j'y prête à peine attention. Je vois des jeunes en veste kaki se diriger dans la direction inverse de la mienne. Wajdi m'appelle, je l'entends à peine: "where are you ? don't go back home by foot... too late" la communication coupe, il n'y a pas de réseau dans la vieille ville. Des cris et de nouvelles explosions retentissent. Des dizaines de jeunes crient "homo": bâtards, comme ils le font d'habitude contre les soldats israéliens, mais je sais que cette fois c'est contre les forces palestiniennes.

Il y a trois jours, suite à un passage à tabac, les résistants se sont enfuis de la prison palestinienne dans laquelle ils sont détenus depuis janvier. Ils s'étaient rendus suite à un accord passé entre les autorités palestiniennes et israéliennes, promettant qu'il n'y aurait plus d'incursion s'il n'y avait plus de résistants. Mais les promesses politiques sont des mots aussi faciles à donner qu'à reprendre et les forces israéliennes se dédissent méticuleusement de tout engagement pouvant mener à un quelconque cessé le feu. Ils n'ont rien à y gagner.

C'est vrai que depuis les explosions s'étaient faites plus rares pendant la nuit. Logique puisqu'ils peuvent désormais pénétrer dans la ville en pleine journée pour exécuter n'importe laquelle de leur cible. A trois reprises le mois dernier ils ont assassiné à bout portant des habitants de Naplouse en pleine journée, sans même le moindre petit couvre feu.

Bref, reprenons le cours de mon récit. Je reçois un message de Wajdi "go home quickly it has fights between the authority and the resistance", sans rire. Enfin, j'arrive saine et sauve à la maison. J'attends Wajdi et me remplis l'estomac en écoutant le concert qui gronde maintenant sévèrement. Wajdi rentre et nous ressortons discrètement (les parents de Wajdi apprécient modérément ce genre d'escapade) dans le but de pouvoir porter secours aux victimes. Les premières ruelles sont absolument désertes mais de la rue principale non entendons un groupe de jeunes scandant "l'autorité sur ma bite" (la version originale est beaucoup plus poétique en arabe m'affirme Wajdi). Nous arrivons jusqu'à eux, une cinquantaine peut-être, défilant au pas sur cette cadence.

Wajdi toujours aussi rassurant me dis «they have Kalachnikov, it's not like the M16, if they shot you, you die immediately". Et "bam", un coup dans notre direction, heureusement seul le flash nous atteint. La situation se calme, nous achevons notre traversée qui aboutit sur la place des martyrs (place centrale de la ville).

J'ai comme un choc : des centaines de soldats palestiniens postés à chacune des entrées de la vieille ville, armés jusqu'aux dents et beaucoup cagoulés. L'un d'entre-eux nous accoste: "vraiment il se passe quelque chose dans la vieille ville ? Je ne suis au courant de rien" nous dit-il. Il a le temps de faire de l'humour au moins. Ils viennent d'envahir un immeuble, celui d'un résistant parait-il. Ils ne tarderont pas à s'attaquer au notre puisque c'est une habitude des autres. Plus loin, un soldat pousse la plaisanterie jusqu'au bout : "erjah" (reculez) nous crie t-il, le mot préféré des forces israéliennes. J'aperçois une famille sur le trottoir aucun doute : c'est bien une invasion.

Nous glissons dans une folie générale, il n'existe plus aucun repère, tout cela est absurde.

Il est maintenant 10 heures, il y déjà pas mal de blessés. A intervalles irréguliers, résonnent grenades ou fusillades et les "Allah Ouakbar" se perdent dans la nuit.

mardi 4 mars 2008

une histoire de loup

Le Loup, le ventre empli de ses 120 victimes en 6 jours, ferma la porte et s’alla coucher dans le lit de la Mère-grand, en attendant le Petit Chaperon rouge...

Mais Madame Condoleezza Rice sera bientôt loin, le loup est prêt et le Petit Chaperon rouge le sait dans cette version palestinienne.

L’ Histoire s’écrira t’elle suivant Perrault ou suivant Grimm, un gentil chasseur viendra t’il ouvrir le ventre de la bête ?

Comme en tous cas ce ne sera pas un Walt Disney, Wajdi et moi nous préparons modestement. On fait le tri du matériel médical qu’il nous reste, celui qu’il nous faudrait, les numéros d’urgences, j’apprends quelques gestes élémentaires de premier secours et je prie pour qu’ils ne me soient jamais utiles.

Et puis la vie reprend.

lundi 3 mars 2008

vue de Naplouse

Une brise soufflant de la terre traverse nos ruelles, pénètre dans nos maisons. On le murmure, on l’espère ou le redoute, on en a la certitude ou la certitude du contraire, mais une odeur d’intifada plane sur la ville.

Les gens sont soucieux, pour leurs compatriotes de l’autre côté ou pour eux-mêmes. Les esprits sont accrochés à ces nouvelles émanant de ces postes de télévisions jamais éteints.

Ceux qui l’espèrent, l’espèrent par désespoir, parce que de toute façon Naplouse se meurt sous le joug de l’occupant. La ville est asphyxiée parce que les check-points ne laissent pas passer l’espoir. Chaque marchandise aussi chinoise soit elle, devient inabordable par la sainteté du sol israélien. Chaque incursion arrache des vies par peine capitale à liquidation directe ou à exécution lente derrière des barreaux, loin, très loin mais pas suffisamment pour que l’on n’entende pas les cris de ceux qu’on interroge. Pas beaucoup à chaque fois, mais à chaque fois, chaque jour, chaque nuit. Chaque humiliation subie, n’enlève pas à cette femme ou à cet homme sa dignité mais elle s’insert dans cette plaie béante et pullulant où la souffrance n’existe que pour protéger de la folie.

Ceux qui la prient cette intifada, la prient pour revoir un jour chaque habitant main dans la main de son voisin, qu’il soit de la vieille ville, d’un camp ou de Rafidia, qu’il soit ou qu’elle soit. Pour que cela cesse.

Ceux qui la redoutent, la redoutent par désespoir. Aussi. Ils ne veulent pas y croire, ils ne veulent pas la voire, ils sont fatigués, épuisés, ils veulent apercevoir un futur, celui que leurs parents n’ont pas eu, que leurs grands-parents n’ont pas eu, celui que leurs enfants voudraient avoir. Ils ne veulent plus.

Rares sont ceux qui tolèrent encore le gouvernement, plus rare encore sont ceux qui osent élever leur voix contre. Les forces de l’ordre palestiniennes sont omniprésentes, omniscientes et omnipotentes. Du moins le paraissent elles, puisque durant la seule semaine passée, à deux jours d’intervalles en plein après-midi et en quelques minutes les forces israéliennes ont pu pénétrer dans la ville, atteindre une à une, trois différentes victimes, les abattre sans sommation et repartir sans être inquiétés. Est-ce parce qu’ils furent respectueux des signaux de signalisation qu’aucun agent n’a eu l’audace de protéger la population ou les feux furent-ils mis au vert ? A Naplouse on ne pose plus ce genre de question depuis des semaines.

Je me rends compte que j’ai moi aussi été prise dans la perfidie de notre quotidien, parce que je n’ai pas écrit depuis des semaines alors que finalement il y a tant à dire. Les derniers combattants de la résistance ont déposés leurs armes sous la pression du gouvernement et d’une partie de la population. Ils sont enfermés depuis bientôt un mois dans les prisons palestiniennes, ils se sont rendus, se sont évadés, ont été ré-arrêtés. Quelques rumeurs courent sur la prise d’une partie de la ville pour l’installation d’une colonie israélienne, comme ce fut le cas à Hébron après le désarmement des combattants. Durant ce dernier mois, je n’ai aucune idée du nombre exact de naplousis arrêtées par les forces israéliennes, entre 100 et 150 peut être. Chaque matin les informations locales comptabilisent les pertes de la nuit, c’est comme ça, comme une fatalité, on en parle un peu, à peine et chacun continue sa journée, parce qu’il le faut bien.

Ce matin, comme hier la place principale de Naplouse s’est noircie de monde en solidarité avec les palestiniens de Gaza. Aujourd’hui plus qu’hier. Peut être parce que maintenant on ne compte plus le nombre de victimes ayant succombées durant les dernières 48 heures, mais le nombre de nourrissons ou d’enfants que l’on enterre.

mardi 8 janvier 2008

pourquoi les poubelles étaient elles éventrées ?


Pourquoi les poubelles étaient elles éventrées ?

Cela fait maintenant deux jours que l'invasion a pris fin. Les invasions nocturnes quotidiennes ont donc repris normalement leur cours.

Hier fut une journée que chacun a consacré à visiter ses proches, à s'enquérir de la situation des un et des autres, à aider à réparer ou nettoyer.

Apercevoir les militaires de mon immeuble descendre leurs poubelles m'avait amusé mais il semble que beaucoup de Naplousis n'aient pas eu notre chance.

Le sadisme dont les soldats ont fait preuve dépasse l'entendement. Une famille de 6 personnes (un couple et leurs 4 enfants) habitant un immeuble voisin a été enfermée pendant les trois jours dans une seule pièce, ils ont été privés de nourriture pendant que leurs occupant jetaient leur restes à leurs pieds, aucune cigarette ne leur a été autorisée, il leur a fallu supplier pour chaque passage aux toilettes... Lorsqu'ils ont enfin été libérés, leur maison était couverte de détritus, de débris de verres. Leurs toilettes étaient débordantes d'excréments et pour cause : elles avaient été bouchée sciemment à l'aide d'une serviette.

Des histoires comme celle-ci, lorsqu'on habite Naplouse, on en entend des dizaines, des centaines mais comme je n'ai pas grandit ici, il y a encore tant qu'il me reste à comprendre.

En rentrant chez moi, samedi soir j'ai commencé à m'interroger sur ces fameuses poubelles éventrées en bas de chez moi. Pourquoi répandre de cette façon dans la rue des ordures qu'on a prit de temps de ramasser et de déposer dans des bennes ? Tout en me posant cette question, il me revenait en mémoire ces gamins qui tournaient autour.

J'ai finit par demander à Wajdi qui a confirmé mon intuition. "Pourquoi penses-tu qu'ils fouillaient dans ces poubelles ?" m'a-t-il demandé, "je ne sais pas, par curiosité peut-être" me suis-je risquée, "ils fouillent dans les poubelles parce qu'ils ont faim, ils cherchent des restes de sandwichs ou de biscuits laissés".

J'ai eu envie de vomir, de pleurer, de hurler. Ils vivent en face de chez moi ces petits. Comment ne m'en suis-je pas rendu-compte jusqu'à aujourd'hui ? Même en les voyant tourner autour des bennes, je n'ai pas compris. Devant mes yeux, il y avait des gosses crevant de faim et je n'ai pas vu. Je n'ai pas vu parce que c'est hors de mon entendement tout simplement. Alors comment puis-je vous l'expliquer ?

Derrière les "chiffres officiels" se cachent tellement d'histoires et tellement d'histoires ne sont pas inclues dans les chiffres officiels.

Invasion de Nablus du 3 au 6 Janvier 2007.

At least 38 person had been injured (sources: UPMRC), the Governor of Nablus Jamal Moheisen, declared the number of wounded 40, including 1 critical case. All the injured were civilians, at least 4 are children and 1 ambulance driver.

More than 40 persons had been taken to the Israeli prison during the invasion. Six of them were from the resistance the others were civilians, including one paramedic from medical relief and one from the red cross. The head of the voluntary work in Medical Care Committee in Nablus had been arrested.

Shaer Sa'ed -head of Palestinian workers Union- estimates that the damages of this invasion will cost at least 40 millions NIS to the municipality of Nablus.